Historique

L'ancienneté de cette forêt de pin maritime a été prouvée par la présence de fossiles dans des bancs de lignite à Laluque et par des témoignages historiques (exploitation de poix et de résine liquide par les romains).
Suite aux invasions barbares et à de nombreuses guerres, elle a été détruite au IV ème et XV ème siècle.
Cette destruction de la forêt a été renforcée par le régime pastoral avec la pratique de l'écobuage pour renouveler les pacages.


Une forêt développée par l'homme

Au XVIII ème siècle, la forêt était limitée à quelques petits massifs. A cette époque, la lande marécageuse l'hiver et trop sèche l'été, offrait le spectacle d'un désert. Les sables de la côte envahissaient les villages du littoral et constituaient une menace pour l'intérieur des terres.
Des homme ont cherché à arrêter les dunes poussées par le vent et l'océan. Des travaux de fixation ont été entrepris vers 1780 poursuivant les études et les expériences des frères Desbiey, du baron Charlevoix de Villiers, Brémontier.
Ils commencent par installer des plantes, comme l'oyat, dont les racines longues et touffues provoquent une sorte de feutrage retenant le sable. On peut alors semer des pins sur les versants orientaux des dunes en ajoutant des graines d'ajoncs et de genêts (fixateurs d'azote), le tout recouvert de branchages pour éviter que le vent n'emporte les semis.
Les sables sont ainsi stabilisés.
Des travaux de drainage ont alors été effectués sous le second empire sous l'impulsion d'hommes comme Chambrelent et Crouzet. Ils ont permis la création de plus de 600 000 ha de forêt essentiellement privée entre 1850 et 1875.
A noter que la loi du 19 juin 1857 a imposé aux communes d'assainir et d'ensemencer en pins les terrains leur appartenant. A défaut, ces terrains devaient être vendus aux particuliers, sinon l'Etat prenait l'initiative des travaux, se remboursant plus tard sur le produit des futures coupes.

Une forêt grace à la gemme


Le développement des ces boisements au XIX ème siècle a été facilité, encouragé, grâce à la production de gemme qui représentait l'essentiel des revenus. Le bois (poteaux, charpentage, sciage) des vieux pins constituait un revenu marginal. Les élagages et les mises à larges espacements précoces étaient la règle pour favoriser la production de gemme.
Les grands incendies des années quarante ont remis en cause cet effort sans précédent ; prés de 300 000 ha de forêt ont été détruits par le feu. A l'aube des années cinquante, la forêt landaise était à nouveau une forêt sinistrée.
Sa reconstitution s'est faite en partie par des recrus naturels mais surtout par des reboisements artificiels. Ils ont permis après une phase de démarrage difficile (1950 à 1960) de jeter les bases de la ligniculture.
Cette conception s'oppose à l a sylviculture gemmière pratiquée avant guerre par ses objectifs de production. La priorité est donnée à la production de bois (bois d'industrie et bois d'œuvre) que l'on recherche à maximiser par des techniques de culture intensive.

Sources :
"le boisement des Landes de Gascogne" par Roger Sargos 1947
" la culture du pin maritime "par Henri Chaperon
" la forêt des Landes des Gascogne " CRPF
"livret d'accueil de la forêt landaise" Maison de la forêt
AFOCEL (Association Forêt -Cellulose) - dossier pédagogique sur les forêts par Forêt Bois Papier d'Aquitaine